Blogue

 

La bienveillance, plus que jamais !

Lettre d'opinion par Véronique Massin

Comme beaucoup d’entre nous, j’ai parfois bien de la difficulté à naviguer dans ce chaos. L’actualité nous submerge de nouvelles les plus affligeantes les unes que les autres. Inutile de les énumérer ici, tant elles sont partagées et connues de tous.

Malgré une certaine routine qui cimente nos vies (la mienne est cimentée solide en ce moment, je peux vous le dire!), les journées passent et pourtant ne se ressemblent pas. Aux journées marquées de mauvaises nouvelles, de découragement, de frustrations, succèdent de petites pépites qu’il nous faudra savoir encore mieux déceler, encore mieux regarder, et accueillir les bras ouverts. Plus que jamais. 

C’est la loi de l’impermanence, après tout : rien ne dure et tout change sans cesse, caractérisée par la fameuse maxime populaire « après la pluie, le beau temps », que l’on finit par ne plus vouloir (pouvoir?) entendre. Même notre célèbre « ça va bien aller » a méchamment pris du plomb dans l’aile. Pourquoi? Parce que tout ce que l’on vit actuellement, ce dont on est témoin, est douloureux et génère du stress, voire de l’anxiété. Or, la douleur est aveuglante, elle met un voile sur ce qui demeure beau à voir, à l’extérieur comme à l’intérieur de nous. 

Plus que jamais, protéger notre santé mentale et celle des autres va devenir un immense cheval de bataille pour notre société. Et donc plus que jamais, accueillir ce qui est, le meilleur comme le pire, va devenir, une qualité essentielle; non pas par fatalisme, mais pour observer comment nous réagissons aux évènements qui entrent dans nos vies afin de mieux prendre du recul par rapport à ceux-ci. Certains événements vont engendrer des sourires, de l’empathie, de la fierté, et d’autres des déceptions, de la tristesse, de la colère. Accueillons tout cela avec bienveillance envers nous-mêmes. 

C’est la bienveillance qui deviendra alors le pilier central pour se sentir bien avec nous-mêmes, avec nos émotions, nos états d’âmes et même nos réactions physiques. Et c’est cette même bienveillance qui nous permettra de nous tourner vers les autres. Se protéger soi-même d’abord pour mieux prendre soin de l’autre ensuite. 

Sans ce travail sur nous-même, point d’équilibre. Comment interagir de façon bienveillante avec nos collègues, notre gestionnaire, notre patron, nos clients, si nous ne sommes plus capables de gérer ce qui se passe en nous?

Notre milieu du travail, cet espace qui est devenu désormais virtuel pour beaucoup d’entre nous, il nous faudra encore plus l’adapter, le protéger, pour en faire davantage un espace sécuritaire à tout point de vue, de confiance, de motivation, un lieu où chacun trouvera sa place mais aussi du sens  par rapport à sa mission professionnelle… En bref, il nous faudra, si ce n’est bâtir, du moins développer ou consolider des espaces de saine performance selon l’expression consacrée de notre directeur scientifique, le Dr Messier. 

Plus que jamais il nous faudra outiller les gestionnaires, accompagner les employés, comprendre leurs besoins, il nous faudra continuer à adapter les espaces de travail, les moyens de communication, il nous faudra être compréhensifs envers nos dirigeants, ces capitaines qui traversent des tempêtes dans lesquelles ils auraient préféré ne jamais naviguer. Il nous faudra enfin être à l’écoute les uns envers les autres, à tout niveau confondu. 

D’humains à humains. 

Chacun porte une petite part de responsabilité pour adapter nos modes de fonctionnement professionnels à notre nouvelle réalité. 

Et quelle mission formidable! J’y vois beaucoup d’espoir, car tout cela est à notre portée, à tous. Rien d’impossible ici. Des défis oui il y en a, des faux-pas certainement il y en aura, mais il n’y a rien d’impossible dans cette noble mission de prendre soin de soi, à rester ouvert à l’autre avec authenticité, et ainsi faire en sorte que nos milieux de travail deviennent résilients. Ainsi, quelle que soit la destination, nous contribuerons à faire arriver le navire à bon port. 

Je vous souhaite à tous un bel automne. Je ne vous le promets pas rose mais tout en nuances, c’est certain, à l’image de nos magnifiques forêts du Québec qui nous offrent toute leur gamme de couleurs : vivantes, riches, changeantes et résilientes. Comme nous! 

Retour à la liste des nouvelles