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Parole de fournisseur : Milieux de travail et Covid-19, s'adapter tout en favorisant le bien-être psychologique

Cet article vous est présenté par L'Association Canadienne pour la Santé Mentale (ACSM), un fournisseur de services membre du Groupe entreprises en santé.


 

Période de crise et santé mentale

Lorsqu’on pense au bien-être et à la santé dans le contexte actuel, la plupart des idées qui nous viennent à l’esprit sont relatives à notre sécurité physique ainsi qu’à celle de nos proches. Nous pensons d’abord à la protection, par différentes mesures, contre le COVID-19. Ce réflexe est bien naturel! Pourtant, le confinement vécu actuellement par la majorité des québécois s’avère une période clef pour aborder la notion de santé mentale, particulièrement en contexte de travail. 

En effet, pourquoi ne pas profiter de ce momentum où tous les yeux sont rivés sur la santé pour aborder cette dernière en profondeur au sein de notre propre entreprise et se demander également ce qu’elle représente pour nous en tant que gestionnaire? N’oublions pas qu’une crise est aussi une période propice au changement et nous disposons d’un certain pouvoir pour faire en sorte que les transformations héritées de ce bouleversement historique soient en partie positives.  

Des pratiques en transformation

Plusieurs entrepreneurs ont par exemple réservé un accueil mitigé à la pratique du télétravail, qui s’est généralisée du jour au lendemain. Après plusieurs semaines passées à distance physique les uns des autres, nous pouvons maintenant faire certaines observations par rapport à nos méthodes de travail. 

Avions-nous comme préjugé que nos employés ne seraient plus rejoignables ou que leur productivité diminuerait s’ils travaillaient de la maison? Ou encore est-ce que le travail à distance a permis de mettre en lumière certaines failles technologiques de notre organisation? Une chose est certaine, c’est en essayant de nouvelles façons de faire que nous découvrons de nouvelles solutions. Celles-ci nous permettront peut-être éventuellement de promouvoir une meilleure conciliation famille-travail, par exemple. Comme le disait Einstein, la folie, c’est de continuer à faire la même chose et de s’attendre à des résultats différents. Osons donc! 

Notre manière de percevoir la crise et les impacts de cette dernière sur nous dépend également de notre rôle dans l’entreprise. Les gestionnaires doivent en ce moment encaisser de grandes demandes et faire preuve de créativité pour assurer une transition le plus en douceur possible pour leurs employés. Il ne faut pas oublier, dans la tempête, de prendre soin de soi comme nous le ferions avec un employé en détresse. Rappelons-nous qu’on demande dans les avions de placer son masque à oxygène sur son propre visage avant d’aider notre voisin avec le sien. Le parallèle est important dans une période comme celle-ci. 

Mieux comprendre le stress pour le réduire

Comme il a été mentionné ci-haut, les changements opérés dans les milieux de travail au cours des dernières semaines n’ont ni été planifiés longtemps d’avance, ni même choisis par l’entreprise elle-même. Cela peut créer de l’insécurité chez les employés, par rapport à leurs tâches ou encore face à leur sécurité d’emploi. 

Les actuels changements non-consensuels et l’incertitude ambiante peuvent constituer deux facteurs de stress importants. En prenant conscience de ces derniers et de l’impact qu’ils ont potentiellement sur nos employés, restons à l’écoute des besoins exprimés par ces derniers et tentons d’y apporter des réponses adaptées.

Des solutions concrètes à notre portée

  • Vos employés se sont fait attribuer de nombreuses tâches qui ne leur revenaient pas auparavant ou ont au contraire perdu des projets qui leur tenaient à cœur? 

Tentez de les impliquer dans la mesure du possible dans différents processus décisionnels, leur redonnant une forme de pouvoir sur leur organisation de travail. 

  • L’incertitude plane un peu partout dans le bureau virtuel?

Faites preuve d’honnêteté et de transparence avec vos employés, même si cela revient parfois à dire que vous ne détenez présentement pas la réponse à toutes leurs questions. Ils constateront ainsi que vous ne leur cachez pas la réalité. Comme se trouve à le faire présentement le premier ministre et son équipe, il en va de votre jugement pour différencier les informations importantes à transmettre et les données plutôt anxiogènes qui n’apporteront ni sentiment de contrôle, ni apaisement à votre équipe. 

  • N’oublions pas non plus un troisième ingrédient important de l’équation du stress; la nouveauté. 

Les changements technologiques requis pour s’adapter au travail à distance peuvent par exemple être nouveaux pour plusieurs, et l’adaptation à ceux-ci peut devenir source de stress si elle n’est pas encadrée. Assurez-vous d’offrir à vos employés le soutien technique nécessaire afin de faciliter la transition et contribuer à leur sentiment de compétence.  

  • Loin des yeux, mais pas loin du cœur

Rester en contact malgré la distance est un élément clef. Que ce soit à travers des réunions virtuelles formelles ou encore par des 5 à 7 d’équipe plus ludiques, on favorise le maintien du sentiment d’unité à travers les employés et le lien envers l’entreprise. Il est par contre important de prendre en considération que le monde du travail, dont les limites étaient déjà floues pour certains, vient de s’inviter dans notre sphère privée. Encore plus que jamais, il importe de s’imposer des limites et de faire respecter notre droit à la déconnexion

Lorsque le portable est sur la table de la cuisine, il est encore plus facile de succomber à la tentation de regarder quelques courriels en préparant le souper. Nous n’avons plus les signaux physiques du bureau où le fait de voir ses collègues mettre leur manteau pour quitter pouvait non seulement nous faire comprendre qu’ils ne seraient plus disponibles pour la soirée, mais que nous devrions peut-être leur emboîter le pas et faire de même. En délimitant des zones physiques dans notre espace de vie et des périodes de temps consacrées au travail, pour en conserver d’autres dédiées au repos et aux loisirs, nous nous assurons de maintenir une bonne santé mentale et de minimiser les impacts sur celles-ci des chamboulements que nous vivons.

Et après…

Pendant toutes ces semaines de confinement, nous développons de nouvelles habitudes et nous nous adaptons tranquillement à cette version du quotidien, et ce même si elle ne nous convient pas totalement. Nous puisons dans nos ressources intérieures pour accepter cette situation qui nous dépasse afin de retrouver une stabilité émotionnelle et de vie. Il s’agit de notre force de résilience. 

Mais nous pouvons aussi aller plus loin que l’acceptation et tirer profit de cette « pause », comme l’a nommée le premier ministre, pour acquérir de nouvelles connaissances ou se mettre à jour professionnellement. N’y a-t’il pas des compétences que vous aimeriez développer pour vous ou au sein de votre équipe ? Des nouveaux outils technologiques ou stratégiques que vous souhaiteriez intégrer dans vos pratiques ? Profitez de l’occasion pour vous former ou pour mettre en place de nouvelles façons de faire au travail. Que ce soit en urgence pour répondre aux exigences pendant la crise ou en anticipant le retour à la « normale », ouvrir la réflexion en intégrant l’équipe permettra de stimuler l’engagement et l’implication de tous, de valoriser le travail accompli et de diminuer l’incertitude en se projetant vers l’avenir, ou vers « l’après ».

Rédaction : Association Canadienne pour la santé mentale, filiale de Montréal

Si ces questions vous préoccupent et que vous aimeriez des outils ou des services conseils sur la santé psychologique au sein de votre entreprise, n’hésitez pas à communiquer avec nous.


L’Association canadienne pour la santé mentale – Filiale de Montréal est un organisme sans but lucratif qui œuvre en promotion-prévention en santé mentale depuis plus de 40 ans. Reconnue pour la qualité et l’accessibilité de ses publications, conférences, ateliers et formations, l’ACSM – Montréal offre une gamme de services personnalisés pour différentes clientèles comme les jeunes, les aînés et les travailleurs. Son volet Santé psychologique au travail s’adresse aux entreprises de toutes tailles, aux regroupements professionnels, aux gestionnaires et aux entrepreneurs.  On y aborde une gamme de sujets dont la démystification de la santé mentale ainsi que des enjeux de santé mentale, la demande d’aide, la résilience, la culture d’entreprise, la conciliation vie personnelle-travail, etc. 

 

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